Nous avons enfin obtenu un rendez-vous, mais toujours pas d’excuses de Celio pour la mère, ni de positionnement public de la marque. Quand l’enseigne prendra-t-elle enfin la mesure réelle de la situation? Continuons de nous mobiliser!
Décidément, chez Celio France, on a des problèmes de communication!
Dans le billet d’hier, je vous faisais part du contact téléphonique que Monsieur Stéphane Iwanowski, directeur régional Languedoc de Celio, avait enfin pris avec la mère qui s’est fait expulser de la boutique Celio Odysseum de Montpellier parce qu’elle refusait de se cacher pour allaiter son bébé. Monsieur Iwanowski lui a donc promis hier vendredi par téléphone un rendez-vous pour lundi (oui, lundi de Pentecôte), ajoutant qu’il la recontacterait le soir même pour fixer l’heure exacte du rendez-vous.
Entretemps, la mère et moi-même avons été longuement interviewées par une journaliste de Radio France, qui a bien sûr contacté aussi Celio France. Elle a été rappelée par Monsieur Jean Rubens, directeur général chargé du commerce, qui se trouve actuellement en Inde et lui a affirmé que le rendez-vous aurait bien lieu lundi. Rendez-vous est pris de notre côté avec la journaliste en question pour une seconde interview lundi après notre rencontre avec Monsieur Iwanowski.
Hier soir, toujours rien. Nous étions certes ravis de savoir que cette affaire est prise au sérieux par la direction de Celio jusqu’en Inde, mais nous n’avions toujours pas l’heure du rendez-vous promis. La mère d’abord, et moi ensuite, avons donc écrit chacune un nouvel email à Monsieur Iwanowski, copie comme toujours au PDG de Celio, Monsieur Frédéric Vitre.
Je m’apprêtais à vous en donner copie ici lorsque la mère m’a appelée pour me dire que Monsieur Iwanowski venait de lui téléphoner, il était un peu plus d’11 heures ce matin. Il ne l’avait pas rappelée la veille parce qu’il était en réunion jusqu’à 20 h 30, et n’avait pas encore pris connaissance de nos courriels de la veille au soir.
Le rendez-vous à Montpellier est donc confirmé pour lundi matin 11 heures. Nous y serons.
Lors de cet entretien téléphonique, Monsieur Iwanowski a encore insisté sur le mal-être profond de la directrice du magasin à l’origine de l’affaire. Nous comprenons bien qu’elle se sente mal, il y a de quoi. Cependant, il ne faudrait pas tourner les choses à l’envers: la culpabilité, dans cette lamentable affaire, est entièrement du côté de Celio, et en aucun cas de celui de la mère ou du nôtre. C’est la directrice qui a expulsé la mère de la boutique parce qu’elle refusait de se cacher pour allaiter, c’est elle qui lui a ri au nez quand la mère l’a prévenue qu’elle n’avait pas le droit de faire ça et qu’un incident similaire, survenu un an plus tôt, avait été lourd de conséquences pour une autre responsable de magasin. C’est elle encore qui, sans aucun doute prise de panique, est venue nous menacer sur notre site. C’est ensuite le service client de Celio, le responsable de la page Facebook de Celio et la direction de Celio qui ont, par leur manque complet de réactivité et leurs bourdes successives, permis à cette histoire de prendre les proportions qu’elle atteint aujourd’hui.
La mère n’est responsable de rien de tout ça, et les choses n’en seraient pas arrivées là si Celio l’avait traitée avec respect et dignité. La victime, dans cette affaire, c’est la mère (ainsi bien sûr que son bébé et son conjoint), ne l’oublions pas. C’est envers elle qu’a été commis un acte discriminatoire, c’est elle qu’on a expulsée comme une malpropre, c’est son bébé qui a pleuré. C’est elle que la direction de Celio a ensuite traitée avec un mépris difficile à concevoir, des jours durant. Et à ce stade, si incroyable que cela puisse paraître, la mère n’a encore reçu d’excuses de personne, que ce soit de la directrice de la boutique pour les faits eux-mêmes ou de la direction de Celio pour sa « gestion » de l’affaire, ni officiellement ni officieusement, que ce soit par écrit ou de vive voix.
Nous sommes des êtres humains, et une fois de plus, nous ne voulons mettre personne au chômage. Si notre objectif avait été de nuire à Celio ou à la directrice, nous aurions d’emblée convoqué la presse, saisi la justice, organisé des manifestations de mères allaitantes médiatisées devant les boutiques Celio. Mais il s’agit pour nous, encore une fois, au travers du droit d’allaiter en public, indissociable du droit d’allaiter tout court (répétons que l’allaitement est recommandé officiellement par l’OMS et le ministère de la Santé jusqu’aux deux ans de l’enfant au moins), de défendre les droits des enfants et des femmes, composantes des droits de l’Homme.
Pour Celio, il s’agit (mais la direction de Celio l’a-t-elle compris?) non pas de faire taire une cliente hargneuse isolée qui par son acharnement rend très malheureuse une pauvre directrice de magasin qui ne sait plus où se mettre, mais de redorer son image de marque et de tenter par une action exemplaire de ramener vers l’enseigne des milliers de clients en colère qui sont en passe de devenir d’ex-clients.
Cela nous a été confirmé de multiples sources: chez Celio, depuis plusieurs jours, on ne parle plus en interne que de cette affaire, des boutiques à la direction. C’est très bien qu’ils en parlent, mais ce serait mieux qu’ils agissent, clairement, publiquement, et vite, en présentant des excuses dignes de ce nom à la mère, bien sûr, mais aussi en prenant publiquement fait et cause pour le droit d’allaiter en public et, au-delà, pour les droits des enfants et des femmes.
Pour l’instant, nous avons hélas l’impression que Celio, loin d’avoir pris la mesure de la situation, en est encore à croire à un simple malentendu, ou à une cliente hystérique isolée qui se plaint que son bébé n’a pas pu téter comme elle se plaindrait qu’un pantalon a rétréci au lavage. Du fait même de l’inaction prolongée de Celio, nous n’en sommes plus là: que Celio le veuille ou non, il s’agit de faire respecter les droits des enfants et des mères dans notre société.
La directrice du magasin a certes traité la mère de manière parfaitement inacceptable, pensant sans doute, aveuglée qu’elle était par ses préjugés, préserver son chiffre d’affaires, et sans se rendre compte le moins du monde qu’elle enfreignait la loi. Mais cette dame n’est qu’un individu, un simple exemple des préjugés prégnants dans notre société hypersexualisée qui ne conçoit plus les seins (et j’ai envie de dire « les femmes ») que comme des objets érotiques et s’avère incapable de supporter qu’ils soient utilisés dans leur fonction première, leur fonction nourricière et en aucun cas obscène, qui est la raison biologique même de leur existence.
Notre propos n’est pas et n’a jamais été de lyncher un bouc-émissaire, qu’il soit enseigne commerciale ou simple directrice de magasin, mais de contribuer à notre échelle à faire réfléchir les gens à leurs préjugés afin de remettre d’aplomb une société qui marche sur la tête. Il est encore temps pour Celio de sortir grandi de cette affaire en nous accompagnant publiquement dans cette démarche. C’est pour nous le sens même du rendez-vous de lundi matin. Nous souhaitons de tout cœur être en mesure, à l’issue de cet entretien, d’annoncer à la presse, Radio France d’abord puisque rendez-vous est d’ores et déjà pris, le plus complet soutien de Celio et son intention d’agir concrètement et publiquement en ce sens.
Je ne sais pas si la teneur du rendez-vous de lundi nous permettra de le faire. Mais ce que je sais, en revanche, c’est qu’avec ou sans le soutien public de Celio, nous poursuivrons notre lutte pour faire reconnaître dans les faits au sein de notre société le droit d’allaiter partout, à lutter contre la discrimination et à défendre les droits des enfants et des femmes, les droits humains.
Vous êtes déjà des milliers à lire tous les jours ces billets, à les relayer sur vos pages Facebook, sur vos blogs, à soutenir les droits que nous défendons, et nous vous en remercions. Pour faire, d’ici lundi matin, comprendre à Celio où est son intérêt premier dans cette affaire, je vous invite à nous laisser des commentaires sur notre site et surtout à aller sur Facebook et à indiquer que vous « aimez » la page « Téter où je veux quand je veux », créée tout exprès pour rassembler les gens qui soutiennent notre démarche à ce sujet, et à partager l’appel à la « liker » sur vos propres pages et vos blogs: https://www.facebook.com/JeTeteOuJeVeuxQuandJeVeux?ref=hl.
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