Discrimination chez Celio : excellente réaction du directeur régional Languedoc, Mais Celio France suivra-t-il ?

Comme prévu, la mère victime de discrimination anti-allaitement dans la boutique Celio Odysseum de Montpellier (voir les précédents billets sur le sujet), son conjoint et moi-même avons rencontré hier matin Monsieur Stéphane Iwanowski, directeur régional Languedoc de Celio.

Au cours de cet entretien, Monsieur Iwanowski a présenté les excuses de Celio France aux parents pour les faits survenus dans la boutique en eux-mêmes ainsi que pour la façon déplorable dont Celio France a traité l’affaire tout au long de la semaine. Il est évident que Monsieur Iwanowski a parfaitement conscience de la gravité des faits, de l’ampleur du soutien manifesté en l’espace de quelques jours seulement par l’intermédiaire du web, et de Facebook en particulier, à la défense du droit d’allaiter en public, ainsi que des répercussions désastreuses que la façon dont l’affaire a été traitée par Celio risque d’avoir sur l’image de marque de l’enseigne si Celio France ne se positionne pas de manière visible en faveur du respect du droit d’allaiter en public, partie intégrante des droits des enfants et des femmes (nous avons évoqué plusieurs pistes, dont celle d’un communiqué médiatique commun, d’interventions publiques communes et d’un campagne publicitaire mettant en scène l’allaitement en public).

Monsieur Iwanowski, pour sa part, a demain mardi une réunion avec tous les directeurs de magasin placés sous sa responsabilité, au cours de laquelle il va les informer et les sensibiliser à la question. L’information touchera donc dans les jours qui viennent l’ensemble des quelques 120 employés de Celio concernés dans la région. Il fera dès demain remonter à sa direction les conclusions de notre entrevue et sera au siège social de Celio jeudi, où il appuiera l’idée d’un positionnement fort de la marque et de la généralisation au niveau national de l’information du personnel qu’il a personnellement entreprise. Il nous a d’ailleurs demandé si nous disposions sur le sujet de documents plus attrayants et ludiques que des extraits de textes de lois et le discours d’un manager, que nous pourrions lui transmettre afin d’augmenter l’impact de la sensibilisation du personnel.

Espérons que la direction de Celio France se rangera à l’avis de Monsieur Iwanowski, qui a affirmé souhaiter un travail « main dans la main », et saura saisir l’occasion qui lui est offerte de faire avancer la lutte contre la discrimination tout en apportant pleine satisfaction à l’ensemble de sa clientèle, composée en bonne partie de femmes, clientes directes ou prescriptrices dans l’achat de vêtements pour hommes.

Nous sommes tombés d’accord hier matin que la question de la perception de l’allaitement en général et de l’allaitement en public en particulier dépasse largement le cadre d’un incident isolé ou du positionnement propre de Celio et mérite une action de sensibilisation à plus grande échelle. Nous avons annoncé à Monsieur Iwanowski notre intention de faire de l’initiative « Téter où je veux quand je veux » une association, qui pourra donner corps aux idées d’action nées sur la page Facebook, réunir tous ceux qui souhaitent agir pour la reconnaissance du droit des enfants de téter dès qu’ils en éprouvent le besoin où qu’ils se trouvent, ainsi que proposer des documents d’information et de sensibilisation sur le sujet. Le site Internet « Téter où je veux quand je veux » sera créé dans les jours à venir, et les démarches pour la création de l’association entreprises.

Suite à l’entretien d’hier matin, un communiqué de presse est actuellement diffusé au nom de Téter où je veux quand je veux, vous en trouverez le texte sur la page Facebook.

Vous pouvez d’ores et déjà contacter « Téter où je veux quand je veux » à l’adresse mail suivante : tojvqjv@gmail.com, et vous reporter pour toute information complémentaire à la page Facebook http://www.facebook.com/JeTeteOuJeVeux, en attendant la création du site web proprement dit.

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Discrimination anti-allaitement chez Celio: un rendez-vous, mais toujours pas d’excuses

Nous avons enfin obtenu un rendez-vous, mais toujours pas d’excuses de Celio pour la mère, ni de positionnement public de la marque. Quand l’enseigne prendra-t-elle enfin la mesure réelle de la situation? Continuons de nous mobiliser!

Décidément, chez Celio France, on a des problèmes de communication!

Dans le billet d’hier, je vous faisais part du contact téléphonique que Monsieur Stéphane Iwanowski, directeur régional Languedoc de Celio, avait enfin pris avec la mère qui s’est fait expulser de la boutique Celio Odysseum de Montpellier parce qu’elle refusait de se cacher pour allaiter son bébé. Monsieur Iwanowski lui a donc promis hier vendredi par téléphone un rendez-vous pour lundi (oui, lundi de Pentecôte), ajoutant qu’il la recontacterait le soir même pour fixer l’heure exacte du rendez-vous.

Entretemps, la mère et moi-même avons été longuement interviewées par une journaliste de Radio France, qui a bien sûr contacté aussi Celio France. Elle a été rappelée par Monsieur Jean Rubens, directeur général chargé du commerce, qui se trouve actuellement en Inde et lui a affirmé que le rendez-vous aurait bien lieu lundi. Rendez-vous est pris de notre côté avec la journaliste en question pour une seconde interview lundi après notre rencontre avec Monsieur Iwanowski.

Hier soir, toujours rien. Nous étions certes ravis de savoir que cette affaire est prise au sérieux par la direction de Celio jusqu’en Inde, mais nous n’avions toujours pas l’heure du rendez-vous promis. La mère d’abord, et moi ensuite, avons donc écrit chacune un nouvel email à Monsieur Iwanowski, copie comme toujours au PDG de Celio, Monsieur Frédéric Vitre.

Je m’apprêtais à vous en donner copie ici lorsque la mère m’a appelée pour me dire que Monsieur Iwanowski venait de lui téléphoner, il était un peu plus d’11 heures ce matin. Il ne l’avait pas rappelée la veille parce qu’il était en réunion jusqu’à 20 h 30, et n’avait pas encore pris connaissance de nos courriels de la veille au soir.

Le rendez-vous à Montpellier est donc confirmé pour lundi matin 11 heures. Nous y serons.

Lors de cet entretien téléphonique, Monsieur Iwanowski a encore insisté sur le mal-être profond de la directrice du magasin à l’origine de l’affaire. Nous comprenons bien qu’elle se sente mal, il y a de quoi. Cependant, il ne faudrait pas tourner les choses à l’envers: la culpabilité, dans cette lamentable affaire, est entièrement du côté de Celio, et en aucun cas de celui de la mère ou du nôtre. C’est la directrice qui a expulsé la mère de la boutique parce qu’elle refusait de se cacher pour allaiter, c’est elle qui lui a ri au nez quand la mère l’a prévenue qu’elle n’avait pas le droit de faire ça et qu’un incident similaire, survenu un an plus tôt, avait été lourd de conséquences pour une autre responsable de magasin. C’est elle encore qui, sans aucun doute prise de panique, est venue nous menacer sur notre site. C’est ensuite le service client de Celio, le responsable de la page Facebook de Celio et la direction de Celio qui ont, par leur manque complet de réactivité et leurs bourdes successives,  permis à cette histoire de prendre les proportions qu’elle atteint aujourd’hui.

La mère n’est responsable de rien de tout ça, et les choses n’en seraient pas arrivées là si Celio l’avait traitée avec respect et dignité. La victime, dans cette affaire, c’est la mère (ainsi bien sûr que son bébé et son conjoint), ne l’oublions pas. C’est envers elle qu’a été commis un acte discriminatoire, c’est elle qu’on a expulsée comme une malpropre, c’est son bébé qui a pleuré. C’est elle que la direction de Celio a ensuite traitée avec un mépris difficile à concevoir, des jours durant. Et à ce stade, si incroyable que cela puisse paraître, la mère n’a encore reçu d’excuses de personne, que ce soit de la directrice de la boutique pour les faits eux-mêmes ou de la direction de Celio pour sa « gestion » de l’affaire, ni officiellement ni officieusement, que ce soit par écrit ou de vive voix.

Nous sommes des êtres humains, et une fois de plus, nous ne voulons mettre personne au chômage. Si notre objectif avait été de nuire à Celio ou à la directrice, nous aurions d’emblée convoqué la presse, saisi la justice, organisé des manifestations de mères allaitantes médiatisées devant les boutiques Celio. Mais il s’agit pour nous, encore une fois, au travers du droit d’allaiter en public, indissociable du droit d’allaiter tout court (répétons que l’allaitement est recommandé officiellement par l’OMS et le ministère de la Santé jusqu’aux deux ans de l’enfant au moins), de défendre les droits des enfants et des femmes, composantes des droits de l’Homme.

Pour Celio, il s’agit (mais la direction de Celio l’a-t-elle compris?) non pas de faire taire une cliente hargneuse isolée qui par son acharnement rend très malheureuse une pauvre directrice de magasin qui ne sait plus où se mettre, mais de redorer son image de marque et de tenter par une action exemplaire de ramener vers l’enseigne des milliers de clients en colère qui sont en passe de devenir d’ex-clients.

Cela nous a été confirmé de multiples sources: chez Celio, depuis plusieurs jours, on ne parle plus en interne que de cette affaire, des boutiques à la direction. C’est très bien qu’ils en parlent, mais ce serait mieux qu’ils agissent, clairement, publiquement, et vite, en présentant des excuses dignes de ce nom à la mère, bien sûr, mais aussi en prenant publiquement fait et cause pour le droit d’allaiter en public et, au-delà, pour les droits des enfants et des femmes.

Pour l’instant, nous avons hélas l’impression que Celio, loin d’avoir pris la mesure de la situation, en est encore à croire à un simple malentendu, ou à une cliente hystérique isolée qui se plaint que son bébé n’a pas pu téter comme elle se plaindrait qu’un pantalon a rétréci au lavage. Du fait même de l’inaction prolongée de Celio, nous n’en sommes plus là: que Celio le veuille ou non, il s’agit de faire respecter les droits des enfants et des mères dans notre société.

La directrice du magasin a certes traité la mère de manière parfaitement inacceptable, pensant sans doute, aveuglée qu’elle était par ses préjugés, préserver son chiffre d’affaires, et sans se rendre compte le moins du monde qu’elle enfreignait la loi. Mais cette dame n’est qu’un individu, un simple exemple des préjugés prégnants dans notre société hypersexualisée qui ne conçoit plus les seins (et j’ai envie de dire « les femmes ») que comme des objets érotiques et s’avère incapable de supporter qu’ils soient utilisés dans leur fonction première, leur fonction nourricière et en aucun cas obscène, qui est la raison biologique même de leur existence.

Notre propos n’est pas et n’a jamais été de lyncher un bouc-émissaire, qu’il soit enseigne commerciale ou simple directrice de magasin, mais de contribuer à notre échelle à faire réfléchir les gens à leurs préjugés afin de remettre d’aplomb une société qui marche sur la tête. Il est encore temps pour Celio de sortir grandi de cette affaire en nous accompagnant publiquement dans cette démarche. C’est pour nous le sens même du rendez-vous de lundi matin. Nous souhaitons de tout cœur être en mesure, à l’issue de cet entretien, d’annoncer à la presse, Radio France d’abord puisque rendez-vous est d’ores et déjà pris, le plus complet soutien de Celio et son intention d’agir concrètement et publiquement en ce sens.

Je ne sais pas si la teneur du rendez-vous de lundi nous permettra de le faire. Mais ce que je sais, en revanche, c’est qu’avec ou sans le soutien public de Celio, nous poursuivrons notre lutte pour faire reconnaître dans les faits au sein de notre société le droit d’allaiter partout, à lutter contre la discrimination et à défendre les droits des enfants et des femmes, les droits humains.

Vous êtes déjà des milliers à lire tous les jours ces billets, à les relayer sur vos pages Facebook, sur vos blogs, à soutenir les droits que nous défendons, et nous vous en remercions. Pour faire, d’ici lundi matin, comprendre à Celio où est son intérêt premier dans cette affaire, je vous invite à nous laisser des commentaires sur notre site et surtout à aller sur Facebook et à indiquer que vous « aimez » la page « Téter où je veux quand je veux », créée tout exprès pour rassembler les gens qui soutiennent notre démarche à ce sujet, et à partager l’appel à la « liker » sur vos propres pages et vos blogs: https://www.facebook.com/JeTeteOuJeVeuxQuandJeVeux?ref=hl.

Vous pouvez aussi maintenant nous suivre sur Twitter: TOJVQJV@Tojvqjv

 

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Enfin un début de réaction de Celio

Suite à mon courriel d’hier (voir notre billet), le directeur régional Languedoc de Celio France, Monsieur Stéphane Iwanowski, a téléphoné ce matin à la mère pour convenir d’un rendez-vous avec elle. L’entrevue, à laquelle le père du bébé et moi-même participerons naturellement, aura lieu lundi matin (oui, nous savons tous que c’est Pentecôte), à Montpellier. L’heure exacte sera précisée ce soir. Nous ne manquerons pas de vous tenir informés de la suite des événements.

Au cours de son appel, Monsieur Iwanowski a affirmé le soutien de Celio à l’allaitement maternel et semblé être conscient de la gravité des faits. Nous espérons de tout cœur que cela se confirmera et donnera lieu à un positionnement clair et médiatiquement visible de Celio. Nous serons bien évidemment ravis de nous associer publiquement à Celio pour toute action visant à la promotion et à la défense de l’allaitement maternel et des droits des enfants et des femmes.

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Discrimination anti-allaitement chez Celio: le témoignage du père du bébé

Je retranscris ci-dessous le message que nous a laissé hier soir le père du bébé. Il me semble plein de bon sens.

Bonjour à tous,
Je suis le père du bébé dont il est question. Je tiens d’abord à remercier tous ceux qui ont posté des messages de soutien, se sont ou ont proposé de se mobiliser pour réagir, ont relayé cette histoire. Quand ma femme a voulu lancer ce sujet avec Violaine je ne m’attendais pas du tout à ce que la situation évolue jusque là.

J’aurais pensé que Celio aurait rapidement réagi en nous écrivant ou en nous appelant, se serait excusé avec empressement et aurait juré que ça ne se reproduirait plus dans leurs magasins. Je suis consterné de constater le manque de professionnalisme des responsables de la marque. Pour une enseigne COMMERCIALE, ils me semblent avoir oublié les fondamentaux de leur métier. L’inadéquation et le retard de leurs réactions à la situation ne font qu’aviver la colère et le mécontentement de ceux qui ont été indignés.
Mais quelque part je suis content que les événements prennent cette tournure, car cela permet de mettre sur la table un sujet de société d’importance. Car malheureusement, comme d’autres personnes en ont témoigné depuis, cela arrive à d’autres mères de se voir priées de se cacher pour allaiter, sans compter toutes celles qui s’autocensurent et n’allaitent pas librement par peur, ignorance ou simple gêne.

Je viens donc ici témoigner que l’allaitement n’est pas qu’une question de mères et de bébés et que les pères aussi peuvent se sentir concernés par son encouragement et sa défense. Pour ma part, je n’ai jamais été militant sur cette question. Je le vis assez naturellement avec ma femme et notre enfant et n’avais jamais remarqué que ça pouvait gêner qui que ce soit autour de nous. Aussi, dans le magasin Celio, tandis que je me changeais dans la cabine, j’ai entendu ma femme prise à parti par la directrice du magasin. Je suis sorti alors qu’elle lui disait qu’elle était pour l’allaitement, qu’elle avait allaité son enfant mais qu’elle se cachait pour le faire et essayait de faire comprendre à ma femme que grosso modo elle était indécente d’allaiter librement. Je me suis trouvé interdit sur le moment. Je ne savais pas trop quoi rétorquer, j’ai vu que notre bébé n’était pas bien, ma femme non plus, j’ai laissé tomber tout ce que je voulais essayer ou prendre et j’ai entraîné ma famille dehors en me disant que je ne remettrais plus jamais les pieds chez eux. J’avais bien vu une espèce de sourire de satisfaction de la vendeuse mais ce n’est qu’après que j’ai compris qu’elle était à l’origine de l’incident et qu’il y avait une histoire de soi-disant cliente qui s’était plainte ce qui me paraît douteux vu le peu de monde présent dans la boutique à ce moment et la rapidité avec laquelle tout cela est arrivé.

Peu importe les faits à la limite, ce qui me semble primordial c’est de voir que l’allaitement embarrasse, gêne ou indigne un nombre non négligeable de personnes en réalité. C’est de voir que la confusion entre les fonctions sexuelles et nourricières des seins est une cause de trouble et donc de surréaction pour ceux qui ne sont pas au clair avec cette distinction entre leurs deux fonctions. Et comme on a pu le constater, la gêne occasionnée par cette confusion touche aussi bien des femmes que cela pourrait toucher des hommes. Le travail à faire ici touche au champ de la psychologie et est donc propre à chacun. Mais ce qui nous est possible c’est déjà d’en parler. Plus le sujet est médiatisé et discuté plus cela peut faire avancer les choses afin d’éviter que cela se reproduise, et de faire en sorte que les bébés comme les mères puissent ne plus en pâtir et vivre sereinement la relation d’allaitement.

J’apporte aujourd’hui ma modeste contribution par ce message et espère vraiment que Celio fera enfin preuve de sérieux dans cette affaire. Il ne s’agit pas pour moi d’encourager une vendetta contre cette marque ou les deux employées à l’origine de l’histoire. Il s’agit de saisir l’occasion ainsi donnée de défendre la liberté d’allaiter, non pas d’un point de vue juridique, mais dans les mentalités.

Encore une fois, merci à tous.

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Discrimination anti-allaitement: Celio France touche le fond…

… et semble disposé à se mettre à creuser.

Voici le courriel reçu ce matin du directeur régional Languedoc de Celio, en réponse à mon courriel adressé hier au PDG. Ma réponse est à la suite.

Bonjour madame Bideaux

Monsieur Vitre m’a transféré votre mail, je vous contacterai donc par téléphone sous 48h afin de convenir d’un rendez-vous sur Montpelier.

Cordialement.

Stéphane Iwanowski
Directeur Régional celio* Languedoc

Ma réponse, donc:

Bonjour Monsieur,

Tout d’abord, je viens de vérifier auprès de la mère qui est la victime dans cette affaire, et il s’avère qu’elle n’a pour sa part toujours reçu aucun message de Celio. Je trouve cela parfaitement indécent et proprement scandaleux.

Cette attitude consistant à ne vous préoccuper que de votre seule image en me contactant moi parce que je suis en mesure d’obtenir plus facilement des retombées médiatiques, et ce sans vous soucier le moins du monde de la victime première,  est dans la continuité du mépris total que vous affichez pour elle depuis le début. Celio ne semble décidément pas prendre la mesure de la situation.

Vous me proposez de me contacter sous 48 heures pour convenir d’un rendez-vous, qui aurait donc lieu, j’imagine, la semaine prochaine.

J’habite Paris et je suis disposée venir à Montpellier afin de vous rencontrer, bien évidemment avec la mère, qui vit à Montpellier. Il faudra néanmoins que Celio finance mes billets de train, cela va de soi.

Et d’ici ce fameux rendez-vous, que comptez-vous faire? Quid du communiqué public de soutien à l’allaitement que nous vous demandons? Quid des excuses personnelles à la mère?

Depuis le début de cette affaire lamentable, la mère et nous faisons tout ce qui nous est possible pour épargner votre société:

– nous aurions pu envoyer d’emblée des communiqués de presse en règle;
- nous aurions pu, si nous ne modérions pas les interventions sur notre site, publier des commentaires dont vous avez eu copie et qui auraient probablement rendu leurs auteurs passibles de poursuites pour diffamation et faux témoignage;
– la mère aurait pu saisir la HALDE dès le départ;
- de nombreuses mères sont prêtes, partout en France, à aller allaiter en masse dans vos boutiques, en présence de journalistes, bien entendu.

Mais notre souhait premier est de défendre les droits des enfants et des femmes, droits protégés par la loi, je le rappelle une fois de plus, et non de nuire à la réputation d’une enseigne de prêt-à-porter. Nous avons choisi de vous contacter directement à plusieurs reprises pour que les choses se passent au mieux de vos intérêts, et avons même cité en exemple l’attitude de Mac France dans une affaire similaire. Chez Mac, la présidente elle-même a pris son téléphone pour passer plus d’une heure à discuter avec la mère, entre autres, et cette réaction a été immédiate. Ne saisissez-vous donc pas les répercutions désastreuses pour votre image de marque que risque d’avoir votre succession de réactions toutes plus lentes, insuffisantes, et à ce stade, proprement insultantes, tant envers la mère victime et son bébé qu’envers toutes les mères allaitantes et leurs enfants, les unes que les autres?

Dans l’attente,
Violaine Bideaux
Éditions du Hêtre

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La discrimination traitée par le mépris chez Celio

La mère victime de discrimination chez Celio Odysseum (Montpellier), à qui la directrice du magasin a intimé l’ordre de choisir entre allaiter cachée en cabine et sortir de la boutique, a reçu du service client de Celio une réponse tardive qui ne fait qu’aggraver les choses. En voici le texte:

Chère Madame ,
Nous vous remercions de nous avoir fait part de vos commentaires.
Nous avons été mis au courant de cet événement survenu sur notre magasin de Montpellier.
Soyez assurés que nous attachons la plus grande importance à l’accueil et au bien être de notre clientèle.
Ainsi, nous avons présenté nos excuses au nom de la Société à cette maman, excuses que nous vous présentons également pour cette situation qui a pu vous heurter.
Nous nous sommes entretenu avec la Directrice de ce magasin
qui regrette ce malentendu et vous assure de sa sollicitude à l’égard de toutes les mamans.
Nous vous remercions de l’intérêt que vous portez à notre marque.
Nous restons à votre disposition pour toute demande d’information complémentaire du lundi au vendredi de 10h à 18h par e-mail à l’adresse : contact@celio.com.
Cordialement,

Carole
Votre Conseillère Clientèle celio*

Ce message est une honte à plus d’un titre. Il s’agit de toute évidence d’un message type envoyé à toutes les personnes qui ont écrit à Celio suite à la publication de notre premier billet sur le sujet, et non d’une réponse personnelle au message de la mère dans lequel elle relate dans le détail ce qui leur est arrivé, à elle, son conjoint et leur bébé. Le message est un copier-coller du lamentable commentaire publié (en tout petit, sous la pub) sur la page Facebook de Celio (voir notre billet d’hier). Il est patent que le message de la mère n’a même pas été lu, et encore moins pris en considération.

En aucun cas on ne saurait considérer ce commentaire sur Facebook comme des excuses présentées à la mère. Encore une fois, il ne s’agit absolument pas d’un malentendu, mais de discrimination pure et simple. Et la mère n’a rien reçu d’autre que ça.

Il est incompréhensible que Celio, aux divers niveaux de responsabilité déjà concernés, n’ait pas l’intelligence de réagir dignement à cette affaire, qui n’est visiblement pas prise au sérieux (toujours pas, non plus, de réponse à nos messages envoyés au siège social). Rappelons que le Ministère de la Santé, reprenant en cela les recommandations de l’Organisation mondiale de la Santé, recommande d’allaiter exclusivement jusqu’à six mois puis, en parallèle avec l’introduction progressive des aliments solides, de poursuivre l’allaitement au moins jusqu’aux deux ans de l’enfant. Rappelons également que l’allaitement en public est légal, partout où l’enfant a le droit de se trouver, et qu’exclure une mère d’un lieu ouvert au public au seul motif qu’elle y allaite son enfant est interdit. Rappelons enfin que de tels actes relèvent de la discrimination et par conséquent des autorités compétentes en la matière.

Jusqu’à la réception de ce message indigne, la mère n’en voulait qu’à la bêtise de la directrice de la boutique Celio Odysseum. Désormais, elle est si atterrée par le message du service client de l’entreprise, le minable commentaire publié par Celio sur sa page Facebook et l’absence de réaction de la direction (à laquelle il me semble que tout employé sérieux et efficace devrait logiquement transmettre des informations de ce type) qu’il est peu probable qu’elle retourne faire ses courses chez Celio, où elle a pourtant été cliente fidèle pendant dix ans. Depuis trois ans, elle allait chez Jules, où elle a toujours pu allaiter sans problème ses enfants successifs, et compte bien y retourner désormais, même si la boutique Jules la plus proche n’est pas à côté de chez elle.

Puisque les courriers transmis par voie électronique à Celio France, tant au service client qu’au siège social, ne sont semble-t-il pas lus, ou pas transmis aux responsables (ou le sont, peut-être, avec un retard impressionnant), j’ai rappelé le siège social au téléphone ce matin et réussi, après avoir exposé brièvement les faits à la dame, d’ailleurs fort aimable, qui m’a répondu, à obtenir l’adresse mail directe du PDG, Monsieur Frédéric Vitre, ainsi que celle de son assistante. J’espère de tout cœur qu’ils se montreront plus réactifs que leurs employés…

Suite à des faits similaires survenus l’an passé dans une boutique Mac à Paris, la réaction de Madame Agnès de Villers, présidente de Mac France, avait été immédiate et tout à fait exemplaire : une journée entière de réunion du conseil d’administration consacrée à l’affaire, un communiqué de Mac France, un appel téléphonique personnel de plus d’une heure à la mère, suivi d’un échange de courriels des plus cordiaux, et la rétrogradation de la responsable par intérim du magasin (qui est l’initiative de la présidente, nous n’avions rien demandé de tel, pas plus que nous ne souhaitons aujourd’hui le licenciement de la directrice de la boutique Celio, mais il est compréhensible que la présidente ait jugé que, traitant des clientes ainsi, cette personne n’était pas suffisamment digne de se voir confier les rênes d’une boutique). Que Madame de Villers soit ici une fois de plus remerciée de son attitude irréprochable et profondément humaine, et de son souci réel de la clientèle. Par comparaison, l’attitude manifestée jusqu’ici par Celio est bien peu professionnelle et nous laisse pantois.

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Les « excuses » très insuffisantes de Celio

Suite à la publication de notre précédent billet, Celio a publié hier sur sa page Facebook un entrefilet (cherchez bien, c’est sous la pub) libellé ainsi:

Bonjour,

Nous avons été mis au courant de cet événement survenu sur notre magasin celio de Montpellier.
Nous attachons la plus grande importance à l’accueil et au bien être de notre clientèle.
Nous présentons donc à cette maman, et à vous toutes, nos excuses, au nom de la Société, si cette situation a pu vous heurter.
Nous nous sommes entretenu avec la Directrice de ce magasin qui regrette ce malentendu et vous assure de sa sollicitude à l’égard de toutes les mamans.

Bien cordialement
La Direction Commerciale celio*

Nous avons par la suite reçu le même message en commentaire sur notre article.

Fort bien. C’est un premier pas. Néanmoins, à l’heure où nous écrivons ces lignes, la mère elle-même n’a reçu aucun message personnel de la part de Celio, qui n’a pas répondu à son courriel. Nous n’avons, nous non plus, pas reçu de réponse à notre message circonstancié à Celio France.

Le terme « malentendu » est, soulignons-le, un bel euphémisme. Il n’y a, hélas, aucun malentendu dans cette affaire, mais bien un comportement totalement abusif de la part de cette directrice.

Au-delà du « malentendu », nous avons été victimes de menaces proférées par la directrice elle-même, sur lesquelles elle n’est pas revenue jusqu’ici et dont nous avons dûment informé la direction de Celio, ainsi que la police.

Nous attendons maintenant mieux que l’entrefilet sus-cité, à savoir :

a) des excuses en bonne et du forme adressées personnellement à la mère ;

b) un véritable communiqué de la direction de Celio France, que nous  nous ferons, cela va sans dire, un plaisir de relayer, affirmant son complet soutien à l’allaitement maternel où qu’il se déroule et son intention de donner à ce sujet des directives claires à l’ensemble de son personnel afin qu’aucun incident de ce genre ne se reproduise dans une quelconque des boutiques de l’enseigne ;

c) une réponse à notre courrier ;

d) l’assurance que les menaces proférées par la directice de Celio Odysseum resteront sans suite ;

e) les excuses de la directrice du magasin elle-même pour les menaces en question.

Encore une fois, notre objectif n’est pas de nuire à Celio, ni même à cette directrice, dont, contrairement à ce que certains ont pu suggérer, nous ne souhaitons pas le licenciement. Nous ne nous préoccupons ici que de défendre les droits des enfants et par voie de conséquence des femmes. En l’occurrence, il s’agit du droit des enfants à téter quand ils en ont besoin et donc partout où ils sont susceptibles d’en avoir besoin, c’est-à-dire partout où ils ont le droit de se trouver. En effet, admettre qu’il faille se cacher pour allaiter, ce serait admettre que si on a un enfant allaité, on doit rester cloîtrée avec lui, et que si on a déjà un enfant, on ne peut pas allaiter le suivant, puisqu’on est bien obligée de sortir avec l’aîné. C’est évidemment absurde: interdire aux mères d’allaiter publiquement, cela reviendrait simplement à interdire aux enfants d’être allaités.

Rappelons une fois encore à ceux qui estiment inacceptable l’allaitement en public la teneur de la Loi en la matière:

Allaitement et droit pénal : la licéité de l’allaitement dit en public

La France est un pays privilégié quant à sa perception et sa manière de régir la pudeur. Aucune disposition générale et nationale ne prohibe l’allaitement dit « en public ». Aucune affaire retentissante n’a jamais eu lieu, contrairement à ce que l’on a pu rencontrer dans des pays comme l’Australie ou les États-Unis. Cependant, des mères font parfois l’objet de remarques ou injonctions lorsqu’elles allaitent dans des lieux publics.

Faute de disposition traitant spécifiquement de ce sujet, il est parfois opposé aux mères qu’elles commettraient un « attentat à la pudeur ». Disons d’emblée que cette notion a disparu de notre système juridique depuis 1994 ! L’a remplacée une qualification pénale plus étroite : l’exhibition sexuelle qui fait encourir une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (222-32 C. pén.). Le fait qu’elle soit plus étroite est déterminant pour ce qui concerne l’allaitement. Attenter à la pudeur pouvait couvrir des situations comme remonter de la plage en maillot de bain et allaiter. En revanche, l’exhibition sexuelle suppose d’exposer autrui à la vue d’un acte obscène à caractère sexuel. Il va de soi que cela ne s’applique absolument pas à l’allaitement. Ajoutons que les mères qui allaitent « en public » n’imposent en réalité le plus souvent pas celui-ci à la vue d’autrui. La plupart le font d’une manière aussi discrète que possible. Il est en revanche possible à des institutions d’interdire des comportements déterminés dans le cadre de leur règlement intérieur, qui est opposable à ses utilisateurs. Ainsi certains musées ou autres prohibent-ils le fait de manger. Certaines mères se sont vu interdire d’allaiter à ce titre. Sur ce seul fondement, ce n’est sans doute pas illicite – même si c’est absurde.

En revanche, l’interdiction du principe même de l’allaitement dans un lieu public, prévu expressément dans un règlement intérieur, me paraît illicite. C’est qu’un règlement intérieur ne saurait contredire la loi. Or, ce sont des considérations supérieures qui viennent au soutien de l’allaitement, et notamment le droit à la santé pour tous, garanti par des textes comme le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, toujours en vigueur, par renvoi du préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, la Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989 (art. 6 et 24) et enfin la Charte européenne du 3 mai 1996, précitée (préambule, partie I-11).

(source: Martine Herzog-Evans dans Allaiter Aujourd’hui n° 67, http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-67-Allaiter-vous-avez-le-droit.html)

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Réflexe d’éjection chez Celio Odysseum (Montpellier)

 

La femme, naturellement mise en valeur.

La directrice de la boutique Celio du centre commercial Odysseum de Montpellier expulse une femme au motif qu’elle allaite sa fille.

La mère, scandaleusement impudique. Quelqu'un m'explique ?

Décidément, les droits les plus élémentaires des bébés sont loin d’être respectés partout.

Ce vendredi 3 mai, entre 18 et 19 heures, un couple se rend avec son bébé de 15 mois dans la boutique Celio du centre commercial Odysseum de Montpellier, dans l’intention de compléter la garde-robe de Monsieur. Ayant sélectionné un certain nombre de vêtements, celui-ci rejoint une cabine d’essayage au fond du magasin. Sa femme l’attend, assise avec le bébé sur un tabouret justement posé près de la cabine, un de ces  marche-pieds que le personnel utilise pour accéder aux étagères les plus hautes. Elle est face aux cabines, tournant le dos au magasin, et elle a posé d’autres vêtements en attente d’essayage sur l’étagère qui se trouve près d’elle.

La petite fille demande à téter et, alors que sa mère vient de la mettre au sein, une vendeuse arrive, se dirigeant apparemment vers les vêtements posés sur l’étagère. La jeune mère se tourne alors vers la vendeuse pour lui dire de ne pas ranger les vêtements, que son mari va les essayer. La vendeuse lui répond : « Ah oui, mais par contre… » et s’en va. Devant ces paroles assez peu explicites, la mère pense simplement qu’elle n’aurait peut-être pas dû poser les vêtements sur cette étagère, à côté d’autres vêtements bien pliés en étalage. Mais quelques secondes plus tard survient une personne qui, sans dire bonjour, affirme être la directrice du magasin et déclare : « Madame, ou vous allaitez dans une cabine, ou vous sortez ! » Interloquée, la mère demande : « Mais pourquoi ? » Réponse de la directrice : « Parce que cela dérange la clientèle, une dame s’est plainte de ce que son mari regardait vos seins. » La mère fait alors remarquer que c’est un problème de jalousie mal placée entre la femme et le mari, et qu’elle n’y est pour rien. De fait, ainsi qu’il est facile de le constater sur les photos de la mère ci-dessus, prises avec le même haut, on ne voit guère plus de surface de sein pendant la tétée qu’en dehors de celle-ci. La directrice poursuit alors : « Moi, ça ne me pose aucun problème, j’ai allaité, mais je me cachais, il faut que vous fassiez pareil. » Pour finir, elle a effectivement exigé que la mère sorte, lui indiquant que si elle n’était pas satisfaite, elle n’avait qu’à s’adresser au service client de Celio.

Merci de votre sollicitude, Madame. Pour répondre à un besoin aussi élémentaire et sain que le besoin de téter d’un tout-petit, il convient donc de s’enfermer dans une cabine d’essayage où il règne une température presque étouffante. C’est vrai qu’un enfant qui mange en public, c’est inadmissible. Certains me diront qu’il est interdit de manger dans les magasins. Certes, mais cela ne concerne pas les bébés. D’abord, si la mère avait donné un biberon à sa fille au lieu du sein, personne n’y aurait trouvé à redire. Ensuite, un bébé qui tète ne laisse pas traîner de miettes derrière lui et, n’ayant pas les mains grasses, ne risque pas non plus de tacher les articles proposés à la vente.

Qui plus est, en supposant que la mère aille effectivement dissimuler cette activité honteuse dans une cabine, que se passera-t-il si toutes les autres cabines sont occupées et qu’un client désire essayer des vêtements? On peut gager sans grand risque d’erreur qu’on exigera alors que la mère interrompe la tétée afin de laisser la cabine libre pour le client.

En l’espèce, étant donné que la mère tournait le dos au magasin, et donc aux clients, et vu la rapidité de l’intervention de la directrice, l’existence même du mari concupiscent et de l’épouse outrée est assez douteuse, car il est peu probable que la séquence d’événements nécessaire (l’homme qui voit puis regarde la poitrine de la mère, sa femme qui s’en aperçoit et qui, choquée, va se plaindre à la directrice, qui va alors voir la mère) ait eu le temps de se produire entre le moment où la mère s’est tournée pour s’adresser à la vendeuse qui se dirigeait vers l’étagère près d’elle et celui où la directrice a demandé à la mère de sortir. La clientèle dérangée par la vue de l’enfant en train de téter ressemble ici davantage à une excuse inventée par la directrice pour justifier son veto à la tétée qu’à un fait réel. Mais qu’importe.

Le service client ? Il ne s’agit pas ici d’obtenir quelques bons d’achats, mais bien de défendre les droits de l’enfant. Un tout-petit qui a besoin de téter doit pouvoir le faire, quand il en a besoin et là où il se trouve, c’est un droit fondamental de l’enfant. Au-delà, c’est également un droit des mères qui est ici remis en cause : celui, tout aussi élémentaire, d’aller où bon leur semble avec leur bébé allaité, aussi simplement qu’elles le feraient avec un bébé nourri au biberon. S’il faut se cacher pour allaiter, même discrètement, alors il faut rester chez soi avec son bébé, du moins la plupart du temps. Qui d’entre vous accepterait de devoir se cacher pour s’alimenter ? Pourquoi un bébé devrait-il le faire, alors ?

Les photos illustrant cet article parlent d’elles-mêmes : le « problème », puisque problème il y a, c’est l’allaitement lui-même, et non la surface de sein effectivement visible lors de la tétée, guère supérieure à celle exposée par le décolleté le reste du temps, sans compter qu’en tout état de cause notre société nous inonde de seins et de corps bien plus dénudés que cette mère qui nourrit innocemment sa fille dos tourné au magasin. La directrice de Celio Odysseum est-elle choquée de voir des femmes nues dans les publicités qui vantent les mérites des yaourts ou de la lingerie aux arrêts de bus et à la télé ? S’offusque-t-elle des décolletés bien plus plongeants qu’elle croise tous les jours dans les rues de sa ville ensoleillée ? Vivant à deux pas de la mer, s’interdit-elle d’aller à la plage « pour ne pas voir ça » ? Bien sûr que non. Les seins exposés ne posent pas de problème dans notre société. Ce qui en pose un, c’est le fait que les seins soient utilisés dans leur fonction première, nourricière et non sexuelle. Une femme peut sans dommage dévoiler une bonne partie de sa poitrine pour le plaisir des yeux des passants mâles, elle sert même alors d’argument publicitaire, pour vendre non seulement de la lingerie (il semble assez normal de montrer à quoi ressemble le sous-vêtement lorsqu’il est porté), mais des produits laitiers, des voitures ou du gel douche. Mais qu’elle s’avise de rappeler au monde qu’elle n’est pas un simple objet sexuel mais une mère, et c’est le scandale. Sois femme et expose-toi, ou bien sois mère et cache-toi.

Rien n’est plus naturel et normal qu’une mère qui nourrit son enfant, rien n’est moins indécent qu’un enfant qui se nourrit. Un bébé devrait avoir le droit de téter partout où il a le droit de se trouver, c’est aussi simple que cela. Que ceux à qui ce fait pose un problème aillent creuser la question chez un psy.

L’année dernière, une mésaventure semblable était arrivée à un bébé de trois mois et à sa mère dans la boutique Mac de la rue Rambuteau, à Paris. La réaction de la présidente de Mac France avait été immédiate et irréprochable : appel téléphonique à la mère, sujet abordé en conseil d’administration, excuses publiques et sanction de la responsable du magasin. Espérons que la direction de Celio fera preuve d’autant de bon sens.

 

Mise à jour (12 mai 2013):

Voici un texte signé de la juriste Martine Herzog-Evans détaillant les lois françaises relatives à l’allaitement en public (source: http://www.lllfrance.org/Allaiter-Aujourd-hui/AA-67-Allaiter-vous-avez-le-droit.html). J’espère que les commentaires assimilant l’allaitement en public à de l’exhitionnisme ou autre « attentat à la pudeur » (qui n’existe plus depuis bientôt vingt ans) nous serons désormais épargnés.

Allaitement et droit pénal : la licéité de l’allaitement dit en public

La France est un pays privilégié quant à sa perception et sa manière de régir la pudeur. Aucune disposition générale et nationale ne prohibe l’allaitement dit « en public ». Aucune affaire retentissante n’a jamais eu lieu, contrairement à ce que l’on a pu rencontrer dans des pays comme l’Australie ou les Etats-Unis. Cependant, des mères font parfois l’objet de remarques ou injonctions lorsqu’elles allaitent dans des lieux publics. Faute de disposition traitant spécifiquement de ce sujet, il est parfois opposé aux mères qu’elles commettraient un « attentat à la pudeur ». Disons d’emblée que cette notion a disparu de notre système juridique depuis 1994 ! L’a remplacée une qualification pénale plus étroite : l’exhibition sexuelle qui fait encourir une peine d’un an d’emprisonnement et de 15 000 euros d’amende (222-32 C. pén.). Le fait qu’elle soit plus étroite est déterminant pour ce qui concerne l’allaitement. Attenter à la pudeur pouvait couvrir des situations comme remonter de la plage en maillot de bain et allaiter. En revanche, l’exhibition sexuelle suppose d’exposer autrui à la vue d’un acte obscène à caractère sexuel. Il va de soi que cela ne s’applique absolument pas à l’allaitement. Ajoutons que les mères qui allaitent « en public » n’imposent en réalité le plus souvent pas celui-ci à la vue d’autrui. La plupart le font d’une manière aussi discrète que possible. Il est en revanche possible à des institutions d’interdire des comportements déterminés dans le cadre de leur règlement intérieur, qui est opposable à ses utilisateurs. Ainsi certains musées ou autres prohibent-ils le fait de manger. Certaines mères se sont vu interdire d’allaiter à ce titre. Sur ce seul fondement, ce n’est sans doute pas illicite – même si c’est absurde. En revanche, l’interdiction du principe même de l’allaitement dans un lieu public, prévu expressément dans un règlement intérieur, me paraît illicite. C’est qu’un règlement intérieur ne saurait contredire la loi. Or, ce sont des considérations supérieures qui viennent au soutien de l’allaitement, et notamment le droit à la santé pour tous, garanti par des textes comme le préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, toujours en vigueur, par renvoi du préambule de la Constitution du 4 octobre 1958, la Convention relative aux droits de l’enfant, adoptée par les Nations Unies le 20 novembre 1989 (art. 6 et 24) et enfin la Charte européenne du 3 mai 1996, précitée (préambule, partie I-11).

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JDD 2013: ravies de vous avoir revus !

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Les 11es Journées des Doulas 2013, organisées par l’association Doulas de France (DDF), c’était ce weekend, à Paris. Comme d’habitude, nous y étions avec tous nous livres, et nous avons été ravies d’y retrouver et d’y rencontrer de nombreuses personnes pour des échanges toujours aussi enrichissants autour de la naissance et du respect qui devrait toujours l’entourer: respect des processus physiologiques en jeu, respect des naissants et des parturientes, et enfin respect des nouveau-nés et des jeunes mères, dans une ambiance toujours aussi chaleureuse et ressourçante. Vivement les prochaines, et en attendant, les prochains salons, c’est à l’automne !

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Nouvelles parutions !

Les Éditions du Hêtre ont la joie de vous faire part de la récente naissance (orgasmique, bien entendu) de leurs petits derniers. Ce sont deux livres, ils sont superbes et nous sommes très fiers ! Tous deux sont officiellement nés le 5 avril et ont été présentés en avant-première à la Journée internationale de l’allaitement le 29 mars.

La Naissance à l’âge des plastiques (de Michel Odent) pèse 183 g pour 132 pages. Sérieux, instructif, profond et ancré dans le 21e siècle, il saura séduire tous ceux qui s’intéressent à la naissance (naturelle si possible), à l’évolution de l’obstétrique et à l’avenir de l’humanité.

 

 

Quand tu étais dans mon ventre… (de Mònica Calaf et Mikel Fuentes) pèse 186 g pour 42 pages. Il ressemble beaucoup à son grand frère Toi, moi et la tétée : tendre, vif et pétillant comme lui, il ravira tous les enfants qui veulent tout savoir et toutes les mamans qui aiment évoquer leurs souvenirs de grossesse.

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